Le Prix Libre!!!



Dans la mesure du possible, nous pratiquons le Prix Libre pour les événements que nous organisons et sur différents produits que nous vendons, comme des reproductions d'oeuvres, des CD-Roms et CD audio, des badges, des stickers, etc.

Le Donjon est un collectif qui fonctionne sans subvention externe et sans côtisation à prix fixe. Les revenus provenant des biens & services vendus à prix libre constituent notre unique ressource financière et participent aux frais liés à l'organisation d'exposition et à la gestion de l'association Zavata.

Le Prix Libre c’est quoi ?

Le prix libre c’est «  tu paies ce que tu veux ce que tu peux ». Cette démarche peut paraître pour certains idéaliste, irréaliste, insolite ou incompréhensible. C’est sûr que ce ne sont pas les McDonalds, Leclerc, FNAC et autres commerces qui vont instaurer le prix libre ! C’est sûr, on entend plus parler de « crédit », « promo – 30% », « tarif réduit » ! C’est sûr nous sommes conditionnés pour payer ce qu’on nous dit de payer sans chercher à connaître le coût du service/produit (spectacle, livre, concert, info….) !

Le prix libre : une volonté sociale, culturelle politique !

Le prix libre propose un service/produit pour toutes et tous, du  salarié au RMIste… de l’adolescent aux familles nombreuses, à chacun selon ses moyens financiers, à chacun la possibilité de participer aux frais d’organisation / production / diffusion. En diffusant de l’info ou en organisant des spectacles à prix libre, on permet à quiconque est motivé de s’instruire / se divertir / se rencontrer sans relation de business. Cela permet de montrer que les boîtes d’édition / spectacles qui vendent leurs articles à 20 euros le concert ou 15 euros le bouquin ne sont que des marchands à la recherche de profit, que celles et ceux qui «  promotionnent la culture » ne font que de l’élitisme et / ou du populisme selon les parts de marché.

On empêche déjà le réflexe "c’est combien?" On démontre que, même s’il y a des frais, on peut organiser / produire / diffuser sans nécessairement vendre, ni donner d’ailleurs car les frais sont présents et qu’il faut les gérer. Ce n’est pas en se dé-responsabilisant (je paie ce qu’on me dit de payer) qu’on peut comprendre (et donc savoir faire) un produit / service, non pas en le considérant comme une marchandise source de bénéfice financier ou matériel, mais en tant qu’individu capable d’évaluer ce qu’il paye selon ses ressources, ses besoins, ses coups de cœur, ses estimations et motivations pour ce mode de fonctionnement.

On propose un service / produit pour autrui, par soutien et par plaisir, on évite le rapport thunes (malgré les frais), cela correspond à une démarche anti-capitaliste, à un idéal de monde sans classes, de système sans argent pour pourrir les relations entre personnes.

Utopiste dans le service ou produit offert!
Très réaliste dans le remboursement des factures!

L’organisation d’un prix-libre nécessite un choix de non-surconsommation, du volontariat, un désir de « rester modeste », et de ne pas chercher des subventions, mais de privilégier la solidarité et la mise en commun d’outils et de moyen. Tout est mis en œuvre pour réduire les frais (récup, dons…).

Actuellement le prix libre ne va pas sans problèmes… Le prix libre est parfois confondu avec la gratuité ou le « je donne le minimum ». Un autre problème est lorsque l’argent récolté va en soutien (prisonniers, projets alternatifs…) dans ce cas les organisateurs se prennent souvent la tête lors des réunions de préparation pour savoir si c’est « prix libre » ou « prix fixe ». Les services / produits en soutien sont faits pour rapporter de l’argent, mais il y a contradiction obligatoire car on voudrait aussi que ça reste accessible à tous.

La notion de prix-libre n’est pas synonyme de « ça rapporte beaucoup » (parfois quand même !) et tant mieux, sinon ça aurait déjà été récupéré par les marchands. Le soutien qu’on apporte en diffusant / organisant vient de l’argent récolté mais aussi du fait de faire connaître les initiatives concernées. Cela peut représenter beaucoup de travail car, à l’époque du Téléthon et du prélèvement automatique, certains ont pris l’habitude de se faire soutirer leur argent, l’habitude qu’on leur dise combien payer pour soutenir.

Le prix libre c’est la volonté de faire réfléchir les gens sur leur responsabilité vis-à-vis de leur budget et de leur volonté de participer à telle ou telle lutte ; vis-à-vis du bilan financier d’une tentative alternative ; vis-à-vis de celles et ceux qui ne pourraient profiter du service / produit sans la solidarité d’autrui. Le prix libre c’est une expérience de solidarité, d’autogestion et de prise en main de chacun par soi-même.